Enquête sur le sommeil des Français en 2020
Pour les 20 années d’existence de l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance (INSV) et à l’occasion de la 20ème Journée du Sommeil le 13 mars 2020, une enquête OpinionWay a été réalisée par le groupe MGEN et l’INSV sur « le sommeil d’hier et de demain ».

10 mars 2020


 
 « Depuis 2000, la connaissance des fonctions du sommeil qui restait mystérieuse, s’est considérablement améliorée sur le plan scientifique. Les différents impacts du sommeil sur la santé sont désormais mieux identifiés par les chercheurs », souligne Dr Marc Rey, président de l’INSV, neurologue et spécialiste du sommeil.

« Les données scientifiques et médicales sont unanimes sur le rôle déterminant du sommeil pour la santé. Grâce à la prévention, nous entendons alerter nos adhérents sur les risques encourus sur leur santé du fait d’un manque de sommeil avec l’augmentation de certains cancers, de l’obésité et des risques cardio-vasculaires… », indique Eric Chenut, vice-président délégué du groupe MGEN.
 

Intérêt croissant des Français pour le sommeil
53% des personnes interrogées estiment que la thématique du sommeil est un sujet de santé plus important qu’il y a 20 ans. Les Français sont globalement plus conscients de l’importance du sommeil sur leur santé. La pratique de la sieste semble se développer puisque 41% des Français font au moins une sieste chaque semaine (13% deux siestes et 15% trois siestes et plus).
 
Durée et qualité du sommeil
Le besoin de sommeil demeure sous-estimé. La dette de sommeil s’accentue, en particulier chez les adolescents. Selon les résultats de l’enquête MGEN/INSV 2020, les Français dorment 6h41 en semaine et 7h33 le week-end, soit 1h30 de moins qu’il y a 30 ans.
50% des plus de 40 ans considèrent que le temps de sommeil a diminué en 20 ans, avec une qualité de sommeil globalement moins bonne.
Les modifications de notre mode de vie étant la cause de cette perte de qualité du sommeil : augmentation des temps de transport, ouverture tardive des commerces, offre de loisirs nocturnes, multiplication des écrans… Pour plus d’un tiers des Français, les besoins en sommeil seront plus difficiles à satisfaire dans les années à venir, les 25-34 ans se montrant sur ce point plus pessimistes (46%) que leurs aînés.
 
Le sommeil des enfants en 2020, adultes de demain
Le sommeil des enfants est influencé dès le plus jeune âge par notre environnement, notre mode de vie, les parents ou encore l’école. L’impact négatif du manque de sommeil chez les enfants n’est plus à démontrer. 48% des Français s’accordent à penser que la thématique du sommeil des enfants prendra de l’importance dans les 20 prochaines années. Toutefois, l’enquête révèle que les Français ne sont pas encore tous conscients des effets négatifs d’une exposition excessive aux écrans sur le sommeil des enfants.
9 enfants sur 10 ont accès à 1 écran à la maison, et en moyenne à 3 supports. 71% des parents déclarent avoir pris des mesures pour encadrer leur usage : restriction de la durée d’exposition (66%), interdiction pendant les repas (60%), interdiction à certains horaires (56%) et surveillance des contenus (50%). Mais, seulement 44% des parents déclarent ne pas autoriser les écrans au lit.
L’enquête MGEN/INSV 2020 confirme que les parents ont effectivement besoin d’être sensibilisés aux effets néfastes des excès des écrans sur leurs enfants : seuls 45% d’entre eux reconnaissent leur impact négatif. 46% estiment que les écrans ont un effet neutre et 9% considèrent qu’ils ont un impact positif sur le sommeil des enfants. Enfin, 3 parents sur 10 ne donnent aucune consigne à leurs enfants sur l’utilisation des écrans.
 
Rapport des Français aux écrans
Les écrans envahissent notre quotidien. Depuis 2016, l’INSV rappelle l’importance d’un « couvre-feu digital » avant le coucher pour préserver la qualité de son sommeil. 45% des adultes consultent un écran le soir au lit, dans un tiers des cas tous les jours ou presque, et durant plus d’1h30 pour ¼ des utilisateurs. 16% des Français et 28% des 18-34 ans admettent être réveillés la nuit par la sonnerie du smartphone ou par un SMS. Et près de la moitié y répondent le plus souvent.
Après la lecture (60%), les Français citent le sommeil (50%) comme le temps le plus réduit par le temps consacré aux écrans. Viennent ensuite les activités de plein air (43%), les activités physiques (40%), les sorties culturelles (36%), la famille (36%), les amis (29%) et les repas (24%).
Continuer d’informer les Français sur les effets néfastes des écrans sur leur sommeil apparaît indispensable : 56% des Français jugent que les écrans n’ont aucun impact sur la qualité de leur sommeil.
 
Les conséquences des conditions de travail sur le sommeil et la vie de famille
En 20 ans, les conditions de travail ont évolué avec des éléments positifs comme le télétravail et des éléments négatifs comme le travail à horaires décalés et l’augmentation des temps de transports. Pour 75% des Français, le travail en horaires décalés a un impact négatif sur le sommeil. 49% des Français estiment que le télétravail a un impact neutre sur le sommeil et 30% un impact positif. 56% déclarent que le travail en horaires décalés restera stable à l’avenir et 71% que le télétravail se développera.
C’est pourquoi, 43% des Français actifs souhaiteraient disposer d’un endroit dédié à la sieste ou au repos sur leur lieu de travail, et ce encore plus en Ile-de-France (63%).


Méthodologie
Enquête OpinionWay menée auprès de 1020 personnes âgées de 18 à 65 ans, du 9 au 16 janvier 2020. Echantillon national représentatif de la population française : 33% âgés de 18 à 34 ans, 44% âgés de 34 à 54 ans et 23% de 55 à 65 ans. Avec 36% de CSP+, 37% de CSP-, 27% d’inactifs dont 9% d’étudiants.


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