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Étude inédite : adolescentes et sport, le grand décrochage

13 janvier 2026

Près d’une adolescente sur deux (45,2 %) abandonne le sport par contrainte sociale. Une étude nationale inédite, menée par la mutuelle MGEN avec Kantar auprès de 507 jeunes filles âgées de 13 à 20 ans*, révèle comment la méconnaissance du corps féminin, les injonctions esthétiques, la pression sociale et le règne de la compétition au détriment du bien-être et de l’inclusion contribuent au décrochage sportif, alors même que le sport reste un enjeu clé de santé physique et mentale, d’égalité et d’émancipation.

« L’analyse des freins met en évidence un constat essentiel : l’attachement des jeunes filles au sport demeure fort et le potentiel de reprise est important lorsque les conditions de pratique sont adaptées. Peu d’études existent sur ce sujet qui reste un impensé, aussi l’étude MGEN souligne la nécessité de repenser l’expérience sportive des jeunes filles vers une pratique plus inclusive et physiologique. Sans cette évolution, le sport restera un terrain d’inégalité avec un impact direct et durable sur la santé des femmes. » Clotilde Truffaut, déléguée nationale MGEN

 

La non prise en compte des spécificités du corps féminin

La puberté comme premier point de rupture. 63 % des adolescentes estiment que les changements physiques rendent le sport moins agréable et 55 % déclarent que leurs règles constituent un frein à la pratique. Ces réalités sont peu prises en compte : 53 % des jeunes filles estiment que l’encadrement sportif ne répond pas à leurs besoins spécifiques. 

« Les coachs ne comprennent pas que ton corps change, que t’as des jours avec et des jours sans. »

Les témoignages qualitatifs recueillis dans l’étude révèlent un malaise profond : les jeunes filles ressentent une inadéquation entre des pratiques sportives conçues pour un corps constant et des performances continues, et les différentes phases de leur cycle menstruel. Elles évoquent la fatigue, les douleurs ou l’inconfort liés aux fluctuations hormonales et expriment le besoin d’un encadrement plus à l’écoute et adapté.

  
Un milieu qui met les jeunes filles sous pression

La pratique sportive expose les jeunes filles à un regard social pesant : 42 % déclarent avoir déjà subi des comportements déplacés (moqueries, harcèlement, sexisme), 55 % ne se sentent pas toujours en sécurité et 49 % se disent mal à l’aise avec certaines tenues sportives imposées, jugées inconfortables ou sexualisées. 

« Le hand, c’est des mini shorts… Ils pourraient mettre un short plus long, 
ou le choix entre short et survêtement. »

Les normes véhiculées par les réseaux sociaux aggravent ce malaise : 55 % estiment que leur corps ne correspond pas à l’image idéale du sport et 41 % arrêtent, faute de se sentir à l’aise avec leur apparence. Plus largement, 61 % déclarent se sentir jugées lorsqu’elles font du sport.
Les entretiens qualitatifs montrent que cette pression transforme le sport, censé être un espace d’épanouissement, en source d’anxiété et de perte de confiance. 

 

Une pratique peu accessible pour les filles 

L’accès au sport reste contraint par des freins structurels. A l'âge où le sport devient non mixte, une jeune fille sur trois (33%) n’a pas de club féminin près de chez elle ; les plus mal loties étant les jeunes filles habitant en région parisienne et les grandes villes. 58 % sont freinées par les coûts (inscriptions, équipements, déplacements) et 57 % estiment que leur emploi du temps scolaire ne leur permet pas de pratiquer régulièrement. Les témoignages révèlent une organisation lourde et peu flexible, avec des entraînements tardifsdes trajets longs liés à une offre sportive féminine moindre et des formats rigides fondés sur la compétition à l’année, qui rendent l’entrée, la reprise ou le début tardif intimidants.

« J’ai mon bac en juin, les cours finissaient à 18h et les entrainements commençaient à 19h.

J’étais fatiguée, pas le temps pour les devoirs. »

L’étude qualitative montre enfin que la culture de la compétition peut devenir fortement dissuasive : progression obligatoire, peur de régresser et d’être mise de côté, sentiment d’évaluation permanente. En l’absence d’offres plus souples, de nombreuses adolescentes préfèrent arrêter plutôt que de subir cette pression supplémentaire. 

« Dès qu’on s’inscrit, on te parle de matchs, de championnats. Moi je veux juste jouer. »

* L’étude quantitative, auprès de 507 jeunes filles de France métropolitaine, a été réalisée du 21 septembre au 5 octobre 2025. L’étude qualitative menée sous la forme de 8 focus groupe de 6 jeunes filles et 1 focus groupe de 6 jeunes garçons a été réalisée du 20 au 27 octobre 2025. Les discussions ont réuni des pratiquantes et des abandonnistes, réparties par âge (13-16 ans / 17-20 ans), par type de territoire (grande ville / petite ville ou ruralité, mélangeant France hexagonale et DROM-COM ainsi qu’un groupe de jeunes hommes pratiquants. Ont été exclues les personnes pratiquant uniquement une activité sportive scolaire ou occasionnelle. 

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